8. Mäerz

Internationale Fraendag

  • Deutsch
  • Français
Loading Quotes...

Actualité

Article publié dans bulletin CID 1/2014

Journée internationale des femmes 2014:  Du pain sur la planche – et le temps presse !

(cb) L’accès au marché du travail et à toutes les professions, la libre disposition de leur salaire, la protection contre le licenciement et la garantie d’emploi en cas de grossesse ainsi que les offres de garde d’enfants en dehors de la famille – il s’agit là de conquêtes importantes  du mouvement des femmes, de pierres angulaires de l’égalité entre hommes et femmes.  Aujourd’hui, le fait que les femmes exercent un travail rémunéré, qu’elles sont financièrement indépendantes et de plus en plus qualifiées nous semble normal, mais ne s’agit-il pas plutôt d’une apparence trompeuse ?

Les soins (= care), une affaire de femmes!

Travail n’est pas égal à travail. Parce que le travail effectué dans le secteur de la reproduction et des soins (care) est souvent ignoré ou sous-estimé dans sa teneur.  En 2014, ce sont toujours majoritairement les femmes qui s’en chargent: non payé dans le cadre du travail ménager, d’éducation, des soins et du nettoyage, payé comme services dans le secteur de l’éducation, de la santé, des soins et du nettoyage, externalisés par l’Etat social vers l’économie privée. Il y a plusieurs raisons à cela. Les stéréotypes traditionnels affectent les femmes à ces rôles ; les hommes n’engagent pas leur responsabilité dans ce domaine ; les emplois des hommes sont en moyenne mieux payés ; le système d’imposition et de la sécurité sociale favorisent les partenariats avec personne à charge.

Les femmes qui abandonnent leur emploi rémunéré ou qui le réduisent pour fournir gratuitement du travail CARE risquent cependant de compromettre leurs chances de faire carrière,ce qui de surcroît renforce le risque de pauvreté dans l’âge, surtout en cas de rupture de leur relation.  Le taux élevé de travailleuses à temps partiel constitue une bombe à retardement, même s’il contribue à élever le taux d’activité professionnelle des femmes à 57%. Si l’on calcule l’équivalent en temps plein, ce même taux descend à 47,8%. Chez les hommes, un calcul équivalent fait baisser le taux seulement de 1,5% pour arriver à 71,8% (source : European Commission : DG Employment, social affairs and equal opportunities, actualisation du 20/07/2010).

L’égalité des chances sur le marché du travail n’est pas acquise non plus dans les domaines suivants:

–       L’inégalité des salaires persiste.
–       Le plafond de « cristal » freine toujours les chances de faire carrière.
–       Dans les secteurs horeca et commerce, il y a prolifération d’emplois payés au salaire social minimum.
–       Combiner travail et famille s’avère souvent difficile, surtout pour les familles monoparentales dans le secteur des services.
–       Difficulté d’accès au marché du travail pour des femmes de pays non communautaires.

En temps de crise de de chômage élevé, les femmes ont plus tendance à renoncer à leurs droits en matière d’allaitement, de congé parental et de congé pour raisons familiales pour ne pas mettre en péril leur emploi.

Assumer ses responsabilités

En principe les deux sexes devraient se partager la responsabilité, surtout pour le travail non payé, mais aussi pour le travail CARE payé dont l’importance et la valeur économique sont socialement sous-estimées.

Il appartient à l’Etat de changer les donnes fiscales et de la sécurité sociale afin que les deux partenaires soient tout un chacun/une chacune tenu-e-s de veiller à leur couverture sociale par un emploi rémunéré. Pour cela, l’Etat doit continuer à investir dans des services de garde abordables et de bonne qualité dont les heures d’ouverture sont adaptées aux horaires des parents qui travaillent.

Les hommes doivent être motivés et soutenus pour prendre leur part de responsabilité pour l’activité des soins. Une meilleure évaluation de l’activité payée dans le secteur des soins bénéficiera tant aux hommes qu’aux femmes.

Le temps est mûr pour des modèles d’horaires innovants, des alternatives durables.

L’environnement dans le monde du travail doit aussi changer. Aujourd’hui, plus personne ne parle de modèles d’horaires innovants. On laisse aux entreprises le soin de régler la question. Une réduction générale du temps de travail avec ou sans réduction de salaire n’est plus à l’ordre du jour. Or la flexibilisation des horaires ne devrait pas seulement bénéficier à la recherche du profit maximum dans l’économie de marché, mais devrait tenir compte des besoins des parents et des personnes en charge de soins d’autrui. Les femmes – et les hommes- ne doivent pas subir de désavantages à cause de cela.

Agir comme féministes veut dire scruter les rapports de domination et de pouvoir. En ce qui concerne la situation des femmes dans le monde du travail, il faut jeter un regard critique sur le système économique et politique dans lequel nous évoluons. Y-a-t-il une alternative à la croissance quantitative par laquelle la concurrence, l’efficacité, le stress ne cessent d’augmenter en créant de nouvelles formes d’exploitation et de dépendance ? Le débat sur l’évolution durable qui a enfin mené à une mise en question timide du modèle économique actuel, n’a pas encore intégré l’aspect du genre. Ce seront encore les femmes qui devront s’en occuper ! Mais soyons conscientes du fait que ce débat est d’une importance cruciale pour nous et que nous devons activement y contribuer et l’influencer. Ensemble, mettons-nous au travail !

C’est pourquoi: Le 8 mars soyez présentes et soutenez l’action de la Plateforme JIF2014!

Print Friendly